
Après plus de 25 ans à travailler dans le domaine de la rehab, j’en suis arrivée à une conclusion qui peut sembler un peu dure :
Le modèle conventionnel de rehab est brisé.
Et je ne dis pas ça parce que je pense que les entraîneurs et les thérapeutes ne sont pas bons dans ce qu’ils font.
Et je ne pense certainement pas que les professionnels n’essaient pas d’offrir les meilleurs soins possible.
En fait, je pense que c’est souvent tout le contraire.
Il y a des professionnels extrêmement compétents qui essaient de faire un excellent travail à l’intérieur d’un système qui rend ce travail très difficile à bien faire.
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Je le sais parce que je l’ai vécu moi-même ET parce que j’ai accompagné des professionnels qui se sentent coincés dans ce système.
Et ce modèle ne fonctionne vraiment bien pour personne.
Ni pour les professionnels qui y travaillent.
Ni pour les patients qu’ils essaient d’aider.
Laisse-moi t’expliquer ce que je veux dire.
J’AI MOI-MÊME TRAVAILLÉ DANS CE MODÈLE
Je connais bien ce modèle parce que j’y ai moi-même travaillé.
Quand j’ai obtenu mon diplôme en thérapie du sport, j’ai commencé à travailler dans une clinique de physiothérapie conventionnelle.
Et comme beaucoup de jeunes thérapeutes, j’étais enthousiaste.
J’avais enfin l’occasion d’utiliser tout ce que j’avais appris pour réellement aider les gens à aller mieux.
Mais la réalité du travail en clinique était très différente de la façon dont j’avais imaginé pratiquer la rehab.
Les patients étaient cédulés toutes les 30 minutes.
Tu évalues quelqu’un. Tu lui donnes un traitement. Tu lui montres quelques exercices.
Puis le patient suivant arrive.
Et le suivant.
Et tu essaies constamment de gérer ce qui se passe aujourd’hui, tout en essayant de réfléchir à l’endroit où cette personne devrait être dans quelques semaines ou quelques mois.
Je me souviens d’avoir ressenti beaucoup de frustration parce que je savais que je pouvais en faire plus.
Je ne voulais pas simplement aider quelqu’un à se sentir un peu mieux après son rendez-vous.
Je voulais l’accompagner à travers tout le processus.
- Restaurer sa mobilité.
- Développer sa force.
- Surcharger progressivement les tissus.
- Reconstruire ses capacités.
Et éventuellement, l’aider à retourner à l’entraînement, au sport ou à tout ce qu’il voulait réellement recommencer à faire.
Mais ça prend du temps. Ça prend de la répétition. Et surtout, ça prend un plan.
Et le modèle séance par séance rend ça très difficile.
Le problème n’était pas que je ne savais pas comment aider les gens.
Le problème, c’est que le modèle n’est pas réellement conçu pour offrir le processus complet de rehab.
Il y a aussi une réalité économique qu’on ne peut pas ignorer.
Dans les milieux cliniques conventionnels, tu es payé par rendez-vous.
Alors, si tu veux générer plus de revenus, tu dois voir plus de patients.
Ton horaire se remplit. Les rendez-vous raccourcissent.
Tu te retrouves souvent à gérer deux ou trois patients en même temps.
Le modèle récompense le volume, alors qu’une bonne rehab demande souvent du temps, de la progression et de la planification.
Et ces deux réalités peuvent entrer en conflit.
Éventuellement, tu atteins un plafond.
Il y a une limite au nombre de patients que tu peux voir.
Il y a une limite au nombre d’heures que tu peux travailler.
J’aimais la rehab.
Mais je suis devenue mentalement épuisée.
Et malgré toutes ces heures de travail, j’avais toujours l’impression de ne pas avoir suffisamment de temps pour structurer le type de rehab que je voulais réellement offrir.
Alors j’ai quitté ce milieu conventionnel pour faire de la rehab à ma façon.
Mais les conséquences de ce modèle ne s’arrêtent pas au thérapeute.
Les patients les ressentent eux aussi.
LES PATIENTS RESSENTENT EUX AUSSI CE MANQUE
Parce que les patients nous disent eux-mêmes qu’il manque quelque chose.
Chez Rehab-U, nous recevons constamment des messages comme ceux-ci.
Une personne nous a écrit :
« J’ai le triste record de plus de 70 rendez-vous en physio et 12 000 $ investis sur mon corps pour le soulager et essayer de le réhabiliter cette année. C’est fou. »
Pense à ça.
Soixante-dix rendez-vous. Douze mille dollars.
Et cette personne cherche encore des réponses.
Une autre personne nous a dit :
« Malheureusement, j’ai consulté beaucoup de thérapeutes dans ma région. Ils donnent seulement quelques exercices et n’individualisent jamais le programme. »
Et une autre personne, aux prises avec une blessure chronique à la coiffe des rotateurs, nous a contactés pour nous demander :
« Je suis à la recherche d’un entraîneur ou tout autre spécialiste qui a suivi des formations de Rehab-U »
Et je ne parle pas seulement de deux ou trois personnes.
Il y a énormément de gens qui cherchent activement quelque chose en dehors du modèle conventionnel.
Ils ont investi du temps.
Ils ont investi de l’argent.
Ils ont consulté des professionnels.
Mais ils n’ont jamais bénéficié du processus complet nécessaire pour les amener là où ils veulent réellement être plusieurs mois plus tard.
L’ÉCHEC DU MODÈLE RÉVÈLE AUSSI UN MARCHÉ SOUS-DESSERVI
Et c’est là que ça devient vraiment intéressant.
Tous ces patients ne sont pas simplement frustrés par la rehab conventionnelle.
Ils cherchent activement — et demandent — quelque chose de différent.
La personne qui a fait 70 rendez-vous de physiothérapie cherche encore.
La personne qui reçoit toujours les mêmes exercices génériques de renforcement cherche encore.
Et ça nous dit quelque chose d’important :
Il existe un réel écart entre ce dont les gens ont besoin en rehab et ce que le modèle conventionnel est en mesure d’offrir.
Pas nécessairement parce qu’ils ont reçu de mauvais soins.
On ne bâtit pas une meilleure industrie de la rehab en attaquant ce qui existe déjà.
Mais on doit porter attention à ce qui manque.
Et lorsqu’un groupe de personnes vit un problème important, cherche activement une meilleure solution, mais n’arrive pas facilement à trouver un professionnel équipé pour la lui offrir…c’est ce qu’on appelle un marché sous-desservi.
Et je crois que l’écart entre la rehab traditionnelle et un retour complet à l’entraînement et à la performance représente l’un des plus grands marchés sous-desservis de notre industrie.
L’OPPORTUNITÉ, C’EST D’ALLER JUSQU’AU BOUT DU PROCESSUS
Alors, quand je dis que le modèle conventionnel de rehab est brisé, je ne dis pas qu’on doit se débarrasser de la thérapie conventionnelle.
Je dis qu’il existe un manque dans le modèle actuel — et une opportunité de le combler.
Pour moi, l’avenir de la rehab, ce n’est pas plus de traitements.
Et ce n’est pas simplement plus d’exercices non plus.
C’est un processus plus complet.
Un processus où la programmation de la rehab est structurée sur plusieurs semaines et plusieurs mois plutôt qu’improvisée d’un rendez-vous à l’autre.
Où les exercices et les méthodes d’entraînement sont progressées à mesure que la personne développe ses capacités.
Où les exigences de sa vie ou de son sport orientent réellement la rehab.
Et où les thérapeutes peuvent réellement combler l’écart entre le traitement et la performance.
Parce que ces patients frustrés cherchent quelqu’un qui peut connecter les points.
Quelqu’un qui peut les accompagner de la douleur et des limitations vers une mise en charge progressive, le développement de la force et des capacités…
et éventuellement jusqu’à un retour complet à ce qu’ils veulent réellement faire.
C’est le modèle que j’ai passé ma carrière à bâtir.
Parce que l’objectif de la rehab n’est pas simplement de sortir quelqu’un de la douleur.
C’est de lui permettre de retourner à l’entraînement. Au sport. À la performance — peu importe ce que « performance » signifie pour cette personne.
Et c’est là que se trouve, selon moi, l’une des plus grandes opportunités en rehab.
Enfin finir le travail.
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Mai-Linh Dovan M.SC., CAT(C)
Thérapeute du sport agréée
Fondatrice de Rehab-U


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